Pourquoi ressentons-nous des émotions ? Pourquoi sont-elles parfois intenses, inconfortables, voire perturbantes ? Pendant longtemps, ces ressentis ont été dévalorisés au profit de la rationalité. Pourtant, elles jouent un rôle essentiel dans notre épanouissement. L’alliance Émotion-Raison peut nous permettre de déployer nos potentiels. C’est pour cela qu’il est essentiel de redonner à nos ressentis leur juste place.

Les émotions sont des messagères précieuses, elles constituent une véritable boussole intérieure qui nous guide dans la vie et nous permet de nous orienter en fonction de nos besoins profonds. Elles nous indiquent ce qui nous convient et ce qui nous dérange, afin que nous puissions faire des choix alignés avec notre bien-être. En écoutant nos émotions, nous devenons acteurs et actrices de notre vie, plutôt que de la subir.

Dans cet article, nous allons explorer le rôle des émotions, la façon dont elles nous informent sur nos besoins, et pourquoi il est essentiel de les réguler plutôt que de les contrôler. Nous verrons également comment notre éducation peut perturber notre rapport aux émotions et comment renouer avec elles pour mieux nous épanouir.

1. C’est quoi une émotion ?

Le mot « émotion » : origine et signification

Le mot « émotion » vient du latin emovere, qui signifie « mettre en mouvement ». Ces ressentis nous poussent à agir et sont directement liées à nos comportements et à nos décisions. Elles influencent nos actions en nous indiquant les directions à prendre pour répondre à nos besoins. Ainsi, loin d’être un simple ressenti intérieur, une émotion est une force motrice qui guide les relations que nous entretenons avec nous-même, les autres et le monde.

Pourquoi il n’existe pas d’émotions « positives » ou « négatives » ?

Dans notre société, nous avons tendance à classer les émotions en deux catégories :

  • Les émotions « positives » comme la joie, le soulagement, la sérénité.
  • Les émotions « négatives » comme la peur, la tristesse, la colère.

Or, cette distinction ne nous semble pas juste, car toutes les émotions sont utiles et ont une fonction adaptative. Alors, plutôt que de parler d’expériences positives et négatives, il est préférable de parler de ressentis agréables et désagréables.

  • Une émotion agréable indique un besoin satisfait.
  • Une émotion désagréable signale un besoin non comblé.

Les émotions ne sont pas à combattre, elles sont à accueillir et à comprendre. Elles nous permettent de nous adapter à notre environnement et à le changer quand cela est nécessaire (et possible).

Le rôle des émotions : une boussole intérieure essentielle

Les émotions ne surgissent pas sans raison. Elles ont une fonction essentielle : nous informer sur nos besoins et sur notre rapport à notre environnement. Chacune a une signification spécifique et nous guide vers des actions adaptées :

  • Joie : un besoin satisfait, une expérience positive à renforcer.
  • Tristesse : un besoin de réconfort, une perte à prendre en compte.
  • Colère : un besoin non respecté, un cadre à poser.
  • Peur : un besoin de sécurité, une alerte à considérer.
  • Dégoût : un besoin de protection, une situation à éviter.
  • Surprise : un besoin d’adaptation, une nouveauté à intégrer.

En écoutant nos émotions, nous pouvons mieux comprendre ce qui nous convient et prendre des décisions en accord avec notre bien-être

Ainsi, les émotions nous aident à traverser les épreuves de la vie. Elles sont essentielles pour notre adaptation et notre survie, même lorsqu’elles sont difficiles à vivre. Accepter nos émotions nous permet d’accueillir l’inconfort naturel de certaines situations, plutôt que de le fuir. Cela augmente notre capacité d’action en conscience, juste et éclairée. Au contraire, lorsqu’on tente d’éviter les ressentis désagréables, on empêche un processus naturel de régulation et on risque d’alimenter des réactions disproportionnées plus tard. L’émotion est une énergie, si on la bloque, elle ne disparaît pas, elle cherchera tous les moyens pour s’exprimer, même s’ils paraissent inadaptés quant au but à atteindre.

2. Que faire de toutes ces émotions ?

Réguler ses émotions, au lieu de les gérer

On parle souvent de « gestion des émotions » mais ce terme sous-entend une volonté de les contrôler. Or, les émotions ne se gèrent pas, elles se régulent.

Lorsqu’on réprime une émotion, elle ne disparaît pas. Elle s’accumule et peut ressurgir sous forme d’angoisse, de colère excessive ou de dépression.

  • La violence et l’intolérance naissent des peurs niées et des frustrations non identifiées.
  • La dépression peut résulter d’une incapacité à exprimer sa colère.
  • L’angoisse provient souvent d’un refoulement émotionnel trop important.

Accueillir et exprimer ses ressentis de manière saine permet d’éviter ces effets néfastes, mais cela n’est toujours simple. Notre éducation et nos liens d’attachement avec les personnes qui se sont occupées de nous influencent notre intelligence émotionnelle. Il y a une bonne nouvelle. L’intelligence émotionnelle n’est pas quelque chose de fixe qui serait définie à la naissance, c’est plutôt une myriade de compétences qui s’apprennent, s’expérimentent, s’améliorent. C’est un chemin, plus qu’une destination.

Cela devrait s’apprendre dès l’école. Un jour, ça viendra 🙏

Une éducation émotionnelle souvent défaillante

Dès l’enfance, notre rapport aux émotions est souvent faussé par notre entourage.

L’histoire racontée par Christel Petitcollin, dans son livre « Émotions, Mode d’emploi », illustre parfaitement ce phénomène. Elle y raconte l’histoire d’une petite fille qui exprime sa colère naturellement pour protéger son territoire, mais qui est aussitôt punie à cause de cela. Cette situation est fréquente lorsque l’on observe les interactions dans les bacs à sable. C’est ainsi que progressivement, la petite fille va apprendre à utiliser la tristesse plutôt que la colère pour obtenir de l’attention, détournant ainsi son expression émotionnelle naturelle. Une émotion en cachant alors une autre, il devient plus difficile de retrouver ses authentiques besoins.

Cela illustre comment, par manque de connaissance, nous pouvons pratiquer une antiéducation émotionnelle, en apprenant aux enfants à refouler certaines émotions au lieu de les comprendre et de les exprimer sainement.

Comment retrouver une relation saine avec ses émotions ?

Pour mieux vivre ses émotions, voici quelques pistes :

  • Prendre le temps pour observer vos émotions comme des phénomènes, sans les juger.
  • Aller à la recherche de vos besoins sous-jacents.
  • Faire un choix conscient, une action ou une non-action.
  • Exprimer votre émotion par la voix, par les mots, l’art, comme bon vous semble.
  • Utiliser des outils comme les jeux de cartes émotions/besoins ou des exercices d’introspection.
  • Se faire accompagner par un.e psychologue si nécessaire.

Conclusion

Les émotions sont notre boussole intérieure. Elles nous guident vers ce qui nous correspond et nous permettent de mieux comprendre nos besoins. Plutôt que de les craindre ou de les contrôler, il est essentiel d’apprendre à les réguler et à les accueillir avec bienveillance. Si vous souhaitez approfondir votre exploration des émotions, consultez des outils comme ceux présents sur le site www.apprentie-girafe.com. Si cela vous semble complexe, nos psychologues sont là pour vous aider à mieux danser avec vos émotions (prendre rendez-vous).